Premières Représentations : Le sarcophage du Metropolitan Museum of Art

Vue latérale de la face du sarcophage représentant le mythe de Séléné et d'Endymion, 200-230 ap. J.C., Marbre, Hauteur 71 cm, Exposé à New York, Metropolitan Museum of Art

Vue latérale de la face du sarcophage représentant le mythe de Séléné et d’Endymion, 200-230 ap. J.C., Marbre, Hauteur 71 cm,
Exposé à New York, Metropolitan Museum of Art

Les premières représentations du mythe d’Endymion datent de la période antique. De nombreux sarcophages romains illustrent ce mythe en raison de sa valeur symbolique. L’un d’entre eux est actuellement exposé au Metropolitan Museum of Art, à New York. Si Carrache ne put observer ce chef d’oeuvre de l’art antique, il demeure un exemple particulièrement bien conservé de sarcophage illustrant le mythe d’Endymion et de Séléné.

  • Le site « insecula », site de visites de musées en ligne, revient dans un bref article sur ce sarcophage illustrant la légende de Séléné et Endymion, exposé au Metropolitan Museum of Art à New York. L’auteur n’est pas précisé. Une brève description accompagne photos et cartel de l’oeuvre. Le site explique les conditions de découvertes de ce sarcophages et la fonction de représentation des sujets mythologiques. Il revient également plus en détail sur le mythe d’Endymion.

Ce sarcophage en marbre datant de 200-230 ap. J.C. d’environ 71 cm de hauteur, est exposé aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art à New York. Il date de la période des Sévères, dynastie d’empereurs romains, et fut retrouvé à Ostie en 1825. Il aurait été dédié à Arria par sa fille Aninia Hilara selon l’inscription.

  • Après avoir présenté le mythe de Séléné et d’Endymion, Mark P. O. Morford, professeur émérite classique à l’Université de Virginie, et Robert J. Lenardon, professeur émérite classique à l’Université de l’Etat d’Ohio, reviennent également sur la représentation du mythe sur le sarcophage d’Endymion exposé au Metropolitan Museum of Art, à New York, à la page 43 de l’ouvrage « Classical mythology » publié pour une sixième édition en 1999 aux Oxford University Press, en anglais et disponible gratuitement sur Google Books. Nous vous en faisions une rapide présentions iciAprès une description très précise de ce sarcophage, ils soulignent que le mythe d’Endymion était très représenté sur les sarcophages romains : nous comptons ainsi environ 70 exemples de par le monde datant du second et troisième siècle après Jésus-Christ. 

Attardons nous quelques instants sur la description du sarcophage faite par Mark P. O. Morford et  Robert J. Lenardon. Ce sarcophage, en forme de pressoir à raisins, serait constitué notamment d’un couvercle où serait représenté le visage de son occupante, Arria, et neuf petits reliefs : les extrémités droite et gauche représentent les montagnes des dieux ; les suivantes les saisons (automne et printemps) ; la paire suivante, à gauche, Cupidon et Psyché, à droite, Aphrodite et Eros ; puis Ares et son amante Aphrodite. Autour d’Arria, se trouve le couple de Séléné et d’Endymion. Le panneau principal du sarcophage montre l’histoire de Séléné en Endymion : au centre, Séléné descend de son chariot, conduit par des chevaux, pour rejoindre Endymion qui est allongé sur la droite ; la nuit verse l’Opium du sommeil sur lui, tandis que des amours jouent autour des amoureux sous une tête de lion à droite. Cupidon et Psyché s’embrassent sous la tête de lion à gauche. Gaïa et Oceanus en bas sont respectivement allongés de part et d’autre du char de Séléné.

Détail du sarcophage représentant le mythe de Séléné et d'Endymion (détail), 200-230 ap. J.C., Marbre, Hauteur 71 cm, New York, Metropolitan Museum of Art

Détail du sarcophage représentant le mythe de Séléné et d’Endymion (détail), 200-230 ap. J.C., Marbre, Hauteur 71 cm, New York, Metropolitan Museum of Art

  • Pour une étude plus approfondie de cette oeuvre, l’article de Jean Sorabella, assistant éducateur au Metropolitan Museum of Art et Assistant Professeur d’Histoire de l’art à Providence College, intitulé « A Roman Sarcophagus and his Patron » publié dans la revue  » THE METROPOLITAN MUSEUM JOURNAL » n°36, de la page 67 à la page 81 revient en détail sur le sarcophage du « MET ». En anglais, il est disponible gratuitement sur le site du musée. Après avoir situé historiquement la fabrication de sarcophages romains, Jean Sorabella présente le sarcophage d’Endymion et son commanditaire. Il cherche ensuite à savoir l’origine sociale de la commanditaire. L’auteur présente également l’histoire du sarcophage, de sa découverte jusqu’à son exposition dans le musée. En outre, il décrit rapidement le sarcophage et explique le mythe d’Endymion. Jean Sorabella revient aussi sur l’apparition du mythe d’Endymion sur les sarcophages romains, puis sur sa valeur symbolique. Il fait le point sur les sources textuelles d’où est issue la fable de Séléné et Endymion, citant des textes classiques, pour finalement expliquer l’évolution iconographique de ces représentations.

Pour se faire, il revient sur l’inscription écrite sur le couvercle du sarcophage et en fait une traduction détaillée. Ainsi Anina Hilara aurait dédié ce sarcophage à sa mère Claudia Arria, qui aurait vécue 50 ans et 10 mois. Seule la magnificence de ce sarcophage renseigne sur le milieu social de cette famille romaine. Il y a donc lieu tout de croire que Anina Hilara était une jeune femme riche, émancipée et certainement célibataire. Le sarcophage a été retrouvé à Ostia en 1825. Si on l’a longtemps cru brûlé dans un incendie en 1871, il réapparaît lors d’une vente à Londres en 1913. Il entre dans les collections du Musée en 1947. Le sarcophage de Claudia Arria montrerait le moment juste avant que Séléné l’emmène avec elle. On compterait ainsi environ 120 sarcophages romains de cette sorte toute époque confondue, les premiers exemples datant de 130 ap. J.C.. Il semblerait donc que ce thème soit pour les romains particulièrement approprié pour décorer les monuments funéraires par l’analogie entre le sommeil et la mort, de laquelle il procède. Le mythe élimine les barrières entre mortalité et divinité et propose comme alternative à la mort, l’amour et le sommeil. Il n’est donc pas un simple prétexte à un décor funéraire.

Vue d'ensemble du sarcophage représentant le mythe de Séléné et d'Endymion (ensemble), 200-230 ap. J.C., Marbre, Hauteur 71 cm, New York, Metropolitan Museum of Art

Vue d’ensemble du sarcophage représentant le mythe de Séléné et d’Endymion (ensemble), 200-230 ap. J.C., Marbre, Hauteur 71 cm, New York, Metropolitan Museum of Art

 

Comments
One Response to “Premières Représentations : Le sarcophage du Metropolitan Museum of Art”
Trackbacks
Check out what others are saying...
  1. […] sarcophage présentant le mythe d’Endymion exposé au Metropolitan Museum of Art, à New York, ici. Un autre sarcophage mérite notre attention. Exposé au Louvre, à Paris, cette oeuvre étoffe […]



Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :