Premières Représentations : Le sarcophage de Séléné et Endymion du Louvre

Nous avions étudié le sarcophage présentant le mythe d’Endymion exposé au Metropolitan Museum of Art, à New York, ici. Un autre sarcophage mérite notre attention. Exposé au Louvre, à Paris, cette oeuvre étoffe notre étude iconographique du mythe d’Endymion.

Face d’un sarcophage romain, Séléné et Endymion, 300 ap. J.C., Marbre, Hauteur 95 cm, Paris, Musée du Louvre

  • Le site « insecula », site de visites de musées en ligne, revient dans un bref article sur le sarcophage avec la légende de Séléné et Endymion, exposé au musée du Louvre. L’auteur n’est pas précisé. Une brève description accompagne photos et cartel de l’oeuvre. Le site explique la fonction de représentation des sujets mythologiques. Le mythe d’Endymion serait donc inspiré par le désir de survie du défunt après la mort. L’article revient également plus en détail sur le mythe d’Endymion.
  • La très ancienne « Description du Musée Royal Des Antiques du Louvre » est un ouvrage écrit par Charles Othon Frédéric Jean-Baptiste de Clarac, conservateur des Antiquités et de la Sculpture moderne du Musée du Louvre en 1818. Il est disponible gratuitement sur Google Books. L’auteur y décrit l’ensemble des oeuvres antiques visibles au Musée du Louvre dans un langage simple et poétique. Le sarcophage intitulé « La Lune et Endymion » en marbre de Paros ainsi que le bas-relief « Diane et Endymion » font l’objet d’une description très précise aux pages 176-177 du document. Les personnages de  l’oeuvre y sont identifiés et situés dans le mythe dont il font l’objet.

L’ancien conservateur du Musée commence sa description par la présentation du personnage d’Endymion, entourée de deux nymphes qui seraient des Hamadryades. Il identifie la figure du sommeil à la droite du berger. Diane descend de son char, tenu par une des Heures et deux amours. La description du couvercle du sarcophage est aussi très détaillée et représente le Jugement de Pâris. Les trois déesses mises en scène lors de cet épisode sont reconnaissables à leurs attributs : Junon porte un voile  et une torche, en tant que protectrices des femmes mariées ; Aphrodite, un sceptre à la main, attend de recevoir la pomme ; et enfin Minerve est facilement identifiable grâce au casque à signet qu’elle porte sur la tête. Enfin, les masques du soleil et de la lune ornent les coins du sarcophage.

Endymion endormi, Détail de la face d'un sarcophage romain, Séléné et Endymion, 300 ap. J.C., Marbre, Hauteur 95 cm, Paris, Musée du Louvre

Endymion endormi, Détail de la face d’un sarcophage romain, Séléné et Endymion, 300 ap. J.C., Marbre, Hauteur 95 cm, Paris, Musée du Louvre

  • Exposé au Louvre, le site met à disposition différentes vues de cette oeuvre dont la cuve est ornée du mythe de Séléné et Endymion. Il propose également pour  l’internaute une notice, rédigée par Marie-Bénédicte Astier, conservatrice au Département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre. L’article s’inscrit dans une démarche de vulgarisation et de diffusion du patrimoine antique français. Il présente tout d’abord les conditions de découverte de ce sarcophage. L’auteure explique également à quelles fins la mythologie fut utilisée dans le contexte funéraire. Elle revient enfin sur l’extraordinaire plasticité de cette oeuvre et notamment du traitement du marbre.

Ainsi, ce sarcophage en marbre, est daté vers 280-290 ap J.C. Il mesure environ 95 cm. de hauteur et environ 2 m. de longueur. Le destinataire de cette oeuvre reste inconnue car la « tabula inscriptionis » , l’espace réservé aux noms des défunts est resté vierge.

L’auteure s’attarde dans un premier temps sur le lien entre ce sarcophage et celui représentant le mythe d’Ariane abandonnée par Thésée et sauvée par la venue de Dionysos. Les deux sarcophages retrouvés lors des mêmes fouilles, sont aujourd’hui exposés l’un à côté de l’autre. Cela ne relève pas du hasard, mais d’une muséologie réfléchie de la part des conservateurs. En effet, tout laisse à croire que ces deux sarcophages sont issus du même atelier romain dont la production était importée jusqu’en Gaule.

marbre, St Meydar d'Eyrans, troisième ou quatrième quart du II°siècle après JC, Louvre

Sarcophage représentant le mythe de Dionysos découvrant Ariane endormie sur l’ile de Naxos après que Thésée l’ai abandonnée, St Meydar d’Eyrans, troisième ou quatrième quart du II°siècle après JC, marbre, Paris, Musée du Louvre

Ensuite Marie-Bénédicte Astier étudie la question de l’iconographie : pour se faire, elle part du couvercle du sarcophage où est représenté le jugement de Pâris. La face principale du sarcophage présente le mythe de Sélénée et Endymion. La composition est en frise : Sélénée la déesse de la lune descend de son char, guidée par des putti qui tiennent des torches dans la main. Elle marche vers Endymion, le jeune berger endormi duquel elle s’éprend aussitôt. Pour l’auteure,  » cette légende évoque la survie de l’âme« . Elle rencontre un regain d’intérêt dans la société romaine, qui traverse une crise spirituelle profonde. Enfin, elle revient sur la virtuosité d’exécution de l’objet, dont les détails se trouvent, par endroits, translucides.

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